Les relations franco-maghrébines passent, depuis quelques mois par des tensions qui prennent différentes manifestations. : limitation des visas accordés aux citoyens des pays du Maghreb, position du G7 sur la situation en Tunisie après le 25 juillet et notamment au lendemain de l’annonce du 22 septembre et la dérive présidentialiste de Kais Saied. La presse française qui ne tarit pas de critiques envers l’Algérie et la Tunisie, ce qui selon les observateurs avertis ne peut se faire sans un feu vert de l’Elysée.
Pour une meilleure compréhension de ce contexte, le CESMA a choisi d’inviter un ancien diplomate français, le professeur Gilles Gauthier, qui est également écrivain et analyste des affaires arabes, pour discuter des relations franco-maghrébines et leur évolution par ce contexte de tension. Hatem Nafti, écrivain tunisien et analyste, discutera avec notre confréncier les points suivants :
1 – Emmanuel Macron est le premier président français né après la décolonisation française. Estimez-vous que cette donne a eu une influence sur sa vision diplomatique envers les anciennes colonies?
2 – Comment a évolué la politique migratoire en France dans les 30 dernières années et y a-t-il une spécificité maghrébine (pour rappel, les 3 pays du « petit Maghreb » ont des accords bilatéraux en matière migratoire avec la France.
3 – La crise des visas intervient dans un contexte de turbulences avec les pays du Maghreb : Rapport Stora sur la guerre d’Algérie, affaire Pegasus, coup de force en Tunisie. S’agit-il d’un moyen de pression sur les politiques intérieures de ces pays ou, comme l’affirme le gouvernement français, d’une simple mesure de rétorsion pour le manque de coopération en matière de délivrance de laisser-passer consulaires?
4 – cette mesure, intervenant dans un climat de pré-campagne marqué par une surenchère droitière, est-elle réellement applicable? Si oui, quelles en seraient les principales cibles?